Je n'ai pas de tête. Je suis omnipolaire. Je marche dans les rues en chantant mal et en faisant des punch de drum avec mes mains et en buvant du vin dans un sac en papier brun. Je bois aussi des cafés-filtre au Dégueulton, des fois j'y travaille et tout le temps j'y écoute aux tables. Je sors danser dans les bars country. Je suis pas super en Charleston. Je cherche une liberté douce. Je fragmente les histoires des gens que je rencontre au cours de mes soirées qui n'ont ni tête ni rien non plus.

jeudi 29 juillet 2010

All you need is love.


La fille a passé la journée a squatter le profil Facebook du gars.
Elle a regardé toutes ses photos, lu tous les commentaires des filles, s'est demandé lesquelles couchaient avec pis lesquelles non. Ensuite, elle a squatté les profils de celles pour qui elle avait décrété oui.
C'est du sport, pareil.
Elle a raconté l'histoire à cinq personnes.

«Là, il m'a dit ça, pis il m'a écris ça. Oui, on a couché ensemble, mais il m'a dit qu'il faisait jamais ça avec des inconnues d'habitude. S'il m'a donné son numéro, ça veut-tu dire qu'il est intéressé? Combien il faut que j'attende de temps avant de rappeler?»

La règle: il faut attendre trois jours avant de rappeler. Donc si tu appelles le lendemain, t'es un loser. Si tu rappelles le surlendemain, t'es un loser. Si tu attends les trois jours réglementaires, la personne sait que tu connais la règle, elle est pas cave là, fa'que a sait que t'es intéressé pareil, fa'que t'es un loser itoo. Si tu attends plus longtemps, t'as manqué l'bateau, a connaît même p'us ton nom ni ta face ni rien, bonne chance.

La question à te poser, c'est d'abord et surtout combien de temps t'es prêt à attendre avant de laisser un message sur sa boîte vocale, pis de passer la semaine d'après à emmener ton cellulaire dans chambre de bain pis à dormir avec sans qu'y sonne une seule fois.

Tu peux aussi te fier sur la règle: s'il te donne son numéro mais ne prend pas le tien, il est pas intéressé. C'qui est poche, c'est que je sais plus trop si l'inverse est inversement proportionnel. Ni qu'est-ce qui arrive avec les exceptions.

Tu peux toujours te référer à l'honorable «He's just not that into you» pour détails supplémentaires.

C'est platte. Je sais que tout le monde parle de ça là, en riant même, mais moi je regarde les gens autour de moi s'étioler de non-amour pis ça me fait mal. On passe notre temps à faire à semblant qu'on se sacre de la personne qu'on voit dans not' soupe. On répand à tous vents des niaiseries comme «rien se devoir», «pas d'attentes», «prendre notre temps», on y croit pas, pas personne, si oui qu'il se lève.

J'ai eu un coup de foudre l'autre jour à la SAQ St-Denis/Duluth pour le petit caissier (vous pouvez lui dire, ça me dérange pas). J'ai faitte comme si je l'avais pas vu pis je suis passée à l'autre caisse en regardant mon menton. Fallait pas qu'y me voit rougir, c'est trop pathos d'être vulnérable.

Ce dont j'ai le plus peur, dans tout ça, c'est de perdre la foi.
J'ai peur de plus avoir de spring dans l'coeur, peur de me déclarer vaincue d'avance à chaque fois, de m'économiser, de me détacher, de ne pas me commettre, de baisser les yeux, de ne plus espérer l'inattendu. J'ai peur de commencer à croire qu'on est tous des trous d'cul.

Je suis la personne la plus naïve que je connais.
Au secondaire, les coups montés étaient faits sur mesure pour moi.
Encore aujourd'hui, les gens me font à croire n'importe quoi, ils trouvent ça cute qu'ils disent, ça les fait rire, moi ça me fait péter ma coche.
Mais je suis contente d'avoir dessiné des lettres sur les carrés de bois vierges de mon jeu de Scrabble, à dix ans, parce que je croyais que le jeu nous donnait le droit de CHOISIR. Contente de pas avoir choisi les lettres les plus stratégiques, mais les lettres que je trouvais belles.
Je suis contente d'avoir cru et raconté à tout le monde que ma chienne de six livres et trois onzes avait couru après un ours pis qu'y s'était sauvé en courant.
Je suis contente d'avoir cru tous les gars qui m'ont regardée comme si j'étais la plus belle affaire à exister.

Je suis contente de me péter la gueule pis d'y croire pareil.

Aujourd'hui, je prône la non-stratégie, la spontanéité, l'emballement prématuré.
Appelle-le donc ton petit Français, ma belle.

All you need is love.

Merci.

mercredi 28 juillet 2010

Jimmy court après les filles.

Jimmy aime les filles.

Jimmy aime les filles qui ont des yeux clairs et des couronnes de cuir autour de la tête.

Il aime les filles qui ont un peu de maquillage coulé noir, qui fument du bout des doigts des clopes qu'elles allument les lèvres bombées, au coin de la bouche, nonchalante. des lèvres sèches et des doigts peinturés croche. Des chandails qui laissent rien voir, et des dessous de chandail où il n'y a rien. Elles ont des accents anglais qui disent «Bonjurrr Mezzieû vus zaurié du feu s'il-vous-plé?», des accents d'Ouest exotique.

Jimmy aime les filles qui ne l'aiment pas, comme on connaît. C'est tannant, parce qu'il faut toujours recommencer.

Mais il y a les filles et il y a Marie.
Une foule, une Marie. Un raz-de-marée, Marie. Au milieu. Elle se tient avec ses cheveux rasés sur le côté et ses joues en forme de pêche rose, qui ne sont pas conventionnels.
Marie est pas comme les autres filles que Jimmy aime, c'est Marie.
Et il faut pas en parler.
Moi, je l'aime pas parce qu'elle est pas fine. C'est probablement celle qui l'aime le moins et c'est probablement pour ça que tout ce qu'on sait arrive. Jimmy lui écrit des poèmes et il pleure, des fois.

J'essaie de le raisonner, mais ça ne sert à rien.

Jimmy a aimé Mathilde un an, jusqu'à ce qu'il se rende compte que c'était pas vrai qu'elle l'aimait pas. Il a aimé Audrey trois jours, jusqu'à ce qu'elle attrape le hoquet.

C'est pas beau une fille qui a le hoquet.

Il a aimé Léa tant qu'elle est restée sur l'autre continent. Après elle était trop proche et ça faisait voir les défauts visuels et olfactifs. Il a aimé Catherine, mais elle a mis trop de drogue dans son verre de bière et s'en est administré trop à son tour pour que ça soit OK.

Pour Josianne, Claude et Mimi, y a pas de raison particulière.

L'amour, c'est un coup de dé et un jeu de rôles à la fois.
Il faut représenter quelque chose, et ensuite trouver la personne pour qui ça a du sens.

Sauf que tôt où tard, on est somnambule, soûl, ou on décroche un court instant et là, la lumière trahit. Ça se passe surtout le matin. On dit qu'y a toujours quelqu'un qui court plus que l'autre après l'autre, dans l'histoire. C'est pour ça qu'on suggère de porter le masque qui facilite la vie.

(Parenthèse, ça me rappelle une scène de «Minuit le soir», qui se passe pendant un party masqué. Le gars cherche son amour, mais tout le monde porte le même masque. Le gars marche, il sait qu'il va la trouver, et il arrive devant quelqu'un et lève le masque. C'est elle.

Peut-être que Marie, même si elle a le même masque que tout le monde, n'a pas le même fond et que c'est pour ça que Jimmy la sent, la reconnaît et n'en revient pas.)

Bref, j'essaie de comprendre et croyez-moi, je sais que tout ce que je suis en train de dire n'a pas beaucoup de sens, dans la logique universelle.

Je regarde Jimmy, il est épuisé.
Il dit «vous êtes jolie mademoiselle», mademoiselle tombe amoureuse, elle n'est plus jolie anymore. Il revient à Marie. Une chanson. réessaie «vous êtes la plus belle mademoiselle». une autre chanson, pour Marie.

J'aimerais que Jimmy puisse se reposer, mais comment, je n'en sais rien.

mardi 20 juillet 2010

Un vrac de vérité.

1) J'ai arrêté de fumer et je n'ai jamais mangé autant de Oreo de toute ma vie. et de tarte aux pommes. et de mille-feuilles. et de vin-café-thé, parce que le sucre, ça donne mal au coeur.

2) Je chante devant 10 000 personnes après-demain et je sais pas ce que je vais dire, ni ce que je vais faire, en fait, je sais pas si je vais pouvoir faire quoi que ce soit, comme me tenir debout ou m'asseoir. Si je pouvais, j'échangerais ma place avec quelqu'un qui va voir Toy Story ou qui a une date avec un gars qui a essayé de dater toutes les filles sur Facebook (voir plus bas pour exemple). Mais là j'ai p'us le choix, alors je vais me payer une robe, une épilation pis une pédicure, on sait jamais tout le pouvoir que ça peut avoir.

3) Des fois, je trouve que les bonnes nouvelles qui se passent dans' vie, ça vaut rien quand t'es tu seul dans' maison au moment de recevoir le call.

4) Chaque fois que j'écoute un film, je me sens comme d'la marde. je veux changer de vie. Mais faut jamais oublier que pour les personnages d'un film, y a aucune conséquence à faire des choses extraordinaires, sauf celle d'être dans un film. Les personnages d'un film ont droit à toutte.

5) C'est épeurant, à quel point j'ai de l'intuition. ça, c'est quelque chose que je remercie. L'autre nuit, je me suis réveillée en sursaut en pensant «la clé, le char, y a quelque chose avec la clé». Je me suis pas écoutée, je suis restée couchée. Le lendemain matin, j'ai trouvé la clé dans la serrure, l'auto pleine de gear. Mes hommages aux gens de Bonaventure, qui sont pas des voleurs.

6) Des fois, je trouve que le bonheur, c'est d'être tout seul dans un p'tit bateau au-dessus d'une belle eau claire, de regarder au fond, voir la profondeur, la forme des roches, comment le soleil plombe dessus. de t'arranger pour que le chêne que t'as planté meure pas, de sortir ton vélo tout croche pis de te prendre pour un avion, de t'en aller à St-Elzéar, parce que t'as jamais vu de quoi ça a l'air.

7) J'suis tu toute seule à avoir AUCUNE idée d'oussé que j'm'en vas?

lundi 28 juin 2010

Vin rouge et chambre d'hôtel.

«Le lit est blanc.
Je veux du vin rouge
Échangé entre nos bouches
Débordantes
Qui se répand
Comme moi sur toi
Tes cheveux qui collent à mes doigts
En toile d'araignée

Je veux mon ventre nu
Sur ton ventre
Croquer la pomme de ton cou
Boire les dessins de soleil
Sur tes joues
Jouer à menton fourchu
Bouche d'argent
Sans rire.
Dire nos noms. cent fois.

Je t'attends.
272.»

samedi 19 juin 2010

Matelot.

Ça faisait deux pots de Nutella à 4,99 qu'elle avait pas fait sa vaisselle.
Tristounette, la fille
Faisait des siestes l'après-midi
Même quand y pleuvait pas
Mangeait ses ongles et ses doigts
Perçait des trous dans ses bas

La seule chose qu'elle avait gardée:
Son pull, à lui
Blanc avec des rayures bleues
Matelot
Elle aurait dû y voir un signe
Que'que chose

Les matelots partent, c'pas compliqué
Sont pas capables de s'endurer
Quand y a le sol dessous leurs pieds

Elle aurait pu se préparer, au moins
Mettre son suit de deuil
Mais non.

Un pull blanc et bleu
Matelot.
Ça veut rien dire mais c'est beau
On peut faire des histoires avec

Hier, pas le choix y a fallu qu'elle l'étouffe
Dans un sac en plastique
Pour le redonner
Elle a fait deux trous
Juste au cas où
Il lui prendrait l'envie de s'échapper

S'en débarasser, c'était terrible
Elle avait mis son odeur
Dessus
Ses cheveux pis ses taches de rousseur
C'est bien connu:
C'est la dernière carte des désespérés
Après ça y a p'us d'espoir
On peut aller se rhabiller

"Bye bye capitaine
Oublie-moi pas trop, là-bas en mer
Et reste fier"

***

C'est le matin rue Mont-Royal
Ça sent les crêpes et le café
Pas pris la peine de se peigner
Les doigts plissés (décidé de faire la vaisselle, c'qui est déjà une bonne nouvelle).

Une autre fille.
Elle la voit, de loin
Pareil comme si elle avait eu un set de lumières
Autour d'la tête
Ou un panneau publicitaire
C'est parce qu'elle porte ses cheveux, pis son odeur
Pis ses taches de rousseurs
Sur un pull rayé
Blanc et bleu
Matelot.

lundi 14 juin 2010

C'était écrit dans le ciel... (Ou l'histoire de Benny).

Je voulais si fort qu'on m'aime. N'importe qui. N'importe quelle âme qui vive ou qui vive pas, ma mère mon père, mon t-shirt de Batman & Robin ou b'en un robineux rue Ontario. Quand j'étais haut comme une borne-fontaine, maman avait acheté une caméra vidéo et j'avais besoin de vivre, à l'intérieur. Quand la lumière rouge s'allumait, je gigotais, je criais, je montrais les dents, la langue, je chantais Jingle Bells, faisais des arabesques, je remuais ciel et terre, tant que j'avais l'impression de briller, dedans. Dedans la lentille. J'aimais son oeil globuleux et scintillant, et puis j'avais tout le temps le goût de me regarder sur la TV couleur, après. C'est pas particulièrement parce que je me trouvais beau, c'est pas particulièrement parce que j'avais envie de me noyer dedans moi. Mais il fallait bien que quelqu'un me regarde et quand moi je me regardais, c'était mieux que rien, il me semble.

Je sais que tout ça, c'est des problèmes de filles et que je devais être un peu spécial, d'un sens. Les petits gars qui veulent de l'attention, d'habitude, ils cassent les choses et les personnes et ils disent des gros mots. Moi, je chantais, je dansais et je faisais les yeux qui roulent et qui clignent vite, version Marilyn Monroe. À trois ans, j'avais appris mon livre du Dragon dans un chariot par coeur et j'étais allé voir les voisins, un par un, pour faire mon spectacle. Je savais tourner les pages au bon moment et prendre le bon ton pour que l'histoire soit belle, et tout. Les voisins trouvaient que j'étais un vrai génie et ils m'applaudissaient. Ensuite, j'ai commencé à être un peu plus grand et plus intéressant et j'ai appris le moonwalk plus imitation de Madonna version Like a virgin (mais je chantais pas pour vrai). J'ai battu tous les records de cotes d'écoute, au sens figuré. Quand on est comme je suis, sans histoire, de bonne famille, ni-beau-ni-laid, bien-mis-bien-éduqué, sensible au monde et à l'art, quand on fait encore pipi au lit, des fois, et qu'on est un peu grand, on fait ce qu'on peut. Moi, ça m'apaisait, pour un temps.

Mais là, j'ai commencé à avoir des poils et des envies et la vérité, c'était écrit dans le ciel, c'est que j'ai plus vraiment eu le droit d'être comme je suis et ça a commencé à m'embêter en crisse. Je voulais si fort qu'on m'aime. N'importe qui, n'importe quelle âme qui vive ou qui vive pas. Mes soeurs, mes frères, mes souliers griffés. Une prostituée avec des couilles rue Ontario. Les trucs que je mettais dans mon nez pour qu'on m'aime plus. plus. plus. J'ai appris à aimer les filles, mais surtout leur cul, comme c'est de mode et de coutume pour la gente masculine. J'ai appris des phrases gagnantes, j'ai pratiqué des mouvements, des clins d'oeil, comme dans la TV couleur. Dans mon miroir, j'avais l'air vrai. Tout avait l'air vrai. Dans les bars, tout était parfait, je brillais devant mon public. Je les déshabillais en les embrassant dans le cou et leur tirais les cheveux, dans le noir, je leur disais que je les aimais si fort, si fort, que je les aimerais pour toujours et perdais leur numéro, comme c'est de mode et de coutume pour la gente masculine. Elles venaient jamais chez moi, parce que je voulais pas de traces d'elles dans mon appartement. Parce que je voulais pas de leur boucle d'oreille oubliée sur la table de chevet. Pas de leur pince à cheveux à la traine sur le rebord du bain. Pas de leurs petits doigts sur mes cahiers, sur mes posters. Parce que j'étais terrorisé par ces créatures petites, comme moi, avec leurs grands yeux qui me regardaient au travers. Je voulais pas qu'ils me voient en plein jour cru, ces yeux-là. Je revenais chez moi pendant qu'elles dormaient, je me lavais en frottant bien, jusque sous les ongles. Mouchais deux-trois coups, à cause de la came. Me rasais, au complet.

Je voulais être comme Batman et être le plus fier et le plus grand et le plus fort, mais je suis trop maigre et mes pieds sont en canard. J'ai jamais scoré au hockey, jamais. Me suis jamais battu avec un gars en forme de frigidaire, dans un bar. Je suis lâche comme un couillon, câlisse. Ni-beau-ni-laid, sans histoire, enfin comme on sait.

Ma mère a toujours dit, on a pas tout c'qu'on veut, dans la vie.

Moi je trouve que des fois, on a tout c'qu'on veut pas.

Quand je me couche en petite boule morte, dans mon lit, le soir, je m'imagine quelque part où j'ai pas vraiment le droit d'être en train de faire des choses que j'ai pas vraiment le droit de faire. Je pense à mon père, qui achetait toujours le plus de livres possible sans jamais même en voir la couleur des pages. Je pense à ma mère, qui achetait toujours le plus de robes possible sans jamais même en porter une seule, parce qu'il fallait pas froisser le beau tissus doux qui coûte cher. Et je dis à mon coeur mort chut-chut-chut. Mon Coeur, tu sais, y a du pelletage de nuages qu'on peut pas se permettre, dans la vie.

Moi, une fois, en petite boule morte, dans mon lit le soir, j'ai mis mon suit de fini et mes ailes de Batman passées date, j'ai volé jusqu'en l'air, à mon plus haut, jusqu'à ce que mes yeux virent à l'envers et clignent vite, version Marylin Monroe quand y en restait plus grand chose. Et j'ai passé la souffleuse dedans, mes nuages morts. C'était écrit dans le ciel. Chut-chut-chut.

dimanche 13 juin 2010

Tadou-jingle.

«Tadoussac, débarque de la track. Embarque, dans le sac et le ressac (...)» On a voulu faire un Tadou-jingle pour passer le temps, dans le char. Ça a donné ce que ça a donné, hein.

On a planté notre tente dans le noir avec une lampe de poche grosse comme un dix sous dans la bouche à Bibi. Mais on a fait ça guerrières, je veux dire. Pas tout croche comme on peut s'attendre des filles. Pis vite à part de ça, on voulait rien manquer du reste des choses qui se passaient en bas.

Déjà qu'on était en retard parce que pendant le traversier, question de sauver du temps, on était allées dans les toilettes du bateau se faire un petit maquillage/épilation de sourcils vite faits, et que finalement, en touchant terre, on avait fait attendre toute notre ligne de chars qui pouvaient plus débarquer parce les brigadiers nous cherchaient mais nous trouvaient pas. Et on avait couru jusqu'à la voiture en se cachant la face sous une pluie de klaxons désagréables en criant «Pardon! Pardon! On s'épilait! Pardon.»

***

«As-tu décroché?»
«Non, toi?»
«Non, je me concentre à faire ça, là».

On marchait vite dans les rues, ça nous gossait que le monde prenne leur temps.
On voulait arriver vite, boire notre bière vite, voir toutte notre monde, leur parler beaucoup, pis avoir du fun vite. Pas manquer un seul show.

Surtout, on cherchait la délivrance, vite.
La délivrance du monde qui va vite.

Fa'que là on a voulu toutte planifier d'avance.
Pour pas perdre de temps.
Pour bien profiter de chaque instant.

«As-tu décroché?»
«Non pas encore. Calvaire.»

J'ai fait ma run de lait, j'ai parlé à tous les gens, mais j'arrivais pas à entrer dans mon corps, je le voyais plutôt de haut. Non, plutôt de bas. En vue périphérique, et je savais plus trop si j'aimais mieux les oranges ou les pommes, ce que je pensais du dernier disque de Pierre-Jean-Jacques, comment sourire sans que ça fasse mal aux joues ou trouver quelque chose drôle.

Le lendemain, j'avais toujours pas décroché, c'était décourageant.

On a essayé la plage, le lac, les drinks, les smoke-meats.
Je crois que j'ai pas décroché une seule seconde.
La vue périphérique, a me lâchait pas, la calvaire.
On était au bout du monde, y avait les paysages magnifique, les montagnes. Les couchers de soleil. Les mouches. La musique. Tout ce qu'on dit qui aide à se laisser aller, dans la vraie patente, tsé.

«Tadoussac, débarque de la track. Embarque, dans le sac et le ressac. (...)»

C'est à la presque fin, back on the traversier (on est pas sorties du char, cette fois-là. par mesure précautionnaire) que ça s'est passé. Bibi nous parlait de l'histoire de quelqu'un de courageux et de fort. Tout d'un coup, me suis sentie comme un papier de soie, tu souffles dessus pis y déchire à moitié. Je vous épargne les détails.

Bref, pour finir vite parce que c'est pas bien bien intéressant, mais il faut que je garde ma plume en forme:

On est arrêtées à Baie St-Paul. Y avait des drôles de trucs dégueux dans l'eau et autres choses. On savait pas trop si on dormait là encore une nuit. Je savais toujours pas si j'aimais mieux les pommes ou les oranges etc., alors c'est bien vous dire comment je savais rien. On était en train d'en parler, oui ou non, oui ou non.

Pis là, faut bien l'imaginer, c'est pas pire. Y a une crotte d'oiseau gigantesque qui est tombée sur la tête à MC pis un peu sur ma tête itoo.
Ça a fait splash, ou peut-être, ploush. Bref, c'était pas rien.

Ah b'en lâ lâ, fuck you les oiseaux à Baie St-Paul, lâ. Bye Baie St-Paul, lâ.

Y voulaient rien savoir de nous autres, j'pense.

Tout ça pour dire que, calvaire. C'est le fun fuir, pour trouver des affaires, comme soi-même.
Mais je pense que je vais rester che'nous. Pour un p'tit boutte.

(Tout de même, je tenais à préciser: le festival de Tadoussac, c'est un bien beau festival. http://www.chansontadoussac.com/ pour l'année prochaine).

vendredi 4 juin 2010

Minuit Chrétien, c'est l'heure solennelle.

On cherchait quelque chose de vraiment spécial à faire.
On a parlé d'aller aux arcades ou au Laser Quest mais c'était trop cher. En plus, Nico s'était fait voler son porte-feuille par un douchebag pis moi je l'avais juste oublié. On voulait aller à la piscine mais y faisait trop frette, au bingo mais on en trouvait pas, alors on est allés virer au chic bar Le Paspébiac, sur Papineau. Ça sentait le homard à plein nez, mais on s'est accordé une danse, pour tester la place, tsé. Les monsieurs pis les madames nous regardaient toutte croche, faque on est sortis. Après ça, on a décidé d'aller au bowling, mais c'était fermé. On avait marché une demi-heure sous la pluie pour ça, avec notre king can dans un sac en papier brun, en croisant des polices à vélo, fallait pas abandonner. On est rentrés dans un bar nowhere pis là, y avait un gars pas trop fiable, en apparence, qui nous a dit qu'y avait un karaoké au coin d'la rue Papineau, encore.

La pluie battait les rues, mais nous, on était courageux.
On s'est dit, une chance sur deux, que ça soit vrai.
Soit oui.
Ou ben non.

On est arrivés là
Y avait Mike à la console
Y chantait sur une toune de Metallica
Mais trop bien, comme.
Les maîtres de karaoké
avez-vous remarqué
Ils chantent toujours plus
Pis c'est pas juste.
Mais bon.
Au moins y était pas pire.

On l'a bombardé de papiers avec des noms de tounes pas rapport.
J'pense que déjà là y nous aimait pas fort fort.
Avec nos cheveux collés dans face.

On a attendu.
Y avait Stéphane
C'était Éric Lapointe
Même voix même moves pis toutte
Mais en gros.
Y avait Lynne
Elle a s'donnait
Faisait des backvocaux
Avec tout le monde
Même ceux qui voulaient pas
Pis quand a faisait pas ça
A chantait du Marjo
Pis a faisait aller ses cheveux.
Y avait Luc.
Lui, il riait de tout le monde
Quand y est allé chanter, j'ai compris.
Y tenait son micro
Comme une star du rock
Mais honnêtement
Y avait juste ça de beau
Son ami le filmait
J'pense qu'y voulait s'faire un clip
Pour mettre sur Youtube

Pis y avait Amal
J'ai pas trop compris, lui.
Y allait en avant pis y se brassait
Mais là. C'pas compliqué, y transcendait la musique
On aurait dit qu'y était une coche
Au-dessus de tout le monde
Voyait des choses qu'on voyait pas
Mettait ses bras en l'air
Faisait des formes
Ouvrait sa chemise pis se dessinait des trucs
Dessus
Avec de l'air

Là, Mike nous a appelés
On était contents
Pour chanter
Minuit Chrétien, c'est l'heure solennelle

On y arrivait pas, on riait trop, c'était dégueulasse. Mais là Amal est venu me voir. Il m'a pris par les épaules. Je chantais, un peu, pis il me regardait dans les yeux. À deux pouces de ma face, je vous jure, il s'est mis à pleurer. Il arrêtait pus. Je chantais «Peuple à genoux, attends ta délivrance».

Pis lui les larmes y coulaient
Grosses comme des onzes de vodka
J'ai arrêté d'rire, j'ai dit pleure pas, pleure pas. Pleure pas.

Pis là, Amal m'a embrassé sur le front. Comme si j'étais la fucking Sainte-Vierge, que Nico a dit. Comme si j'étais la fucking Sainte-Vierge.

«You're my sister» qu'y m'a dit.

Après ça, on avait pus trop l'coeur à la fête, pis on avait pus une cenne. Bibi a voulait qu'on s'fasse payer des verres, mais j'étais pas certaine si c'était une bonne idée. Faque on a attendu.

C'est là que y a des verres de bière qui sont arrivés. C'tait la gang à Stéphane (Éric Lapointe) qui voulaient être nos chummés. Claude y était Acadien, c'est devenu mon pote. Mario il avait une compagnie de porno à lui tout seul pis y faisait ben du bidou. L'autre, je me souviens pus de son nom, y parlait pas.

Y ont rempli nos verres
Trois-quatre-cinq-six fois
Même si on voulait pas
On a dit merci
Pis on est sortis.
En promettant d'aller à leur party
Wet t-shirts
Le lendemain.

C'était même pas vrai.

dimanche 23 mai 2010

Le pichet est encore. plein.

C'était une date juste de même
au hasard
Lui avait écris elle avait dit oui.
S'était sentie spéciale.
C'était doux, comme liberté à prendre
Se laisser aller dans l'imprévu le pas convenu
Le sparkle du moment.

Une bière flatte de début de soirée
Chez Bruno-Sport-Beaubien
Parce qu'y avait p'us d'place nul part
Pas les gros chars. mais mieux que rien.

Elle a s'était mis belle pis ça clashait
Avec la cendre dans les cendriers.
Avec les vieux pas de dents sur leurs vélos rouillés.
Qui rôdaient

Mais leurs belles p'tites faces dans la nuit belle, itoo
Des paroles lancées qui mènent n'importe où
Ça, c'tait l'fun à voir.

Lui il avait des beaux yeux pis d'autres choses, tsé.
Dans ses American Eagle's
Pas les gros chars. mais mieux que rien.
Pis y avait payé l'pichet.

Mais là le téléphone a sonné
Elle a pas répondu, c'tait une p'tite fille bien élevée
Mais ça arrêtait p'us
Allo allo. Nico. Laisse-moi donc tranquille.
Toi tu sais b'en que j'ai une date qu'est-ce que tu veux
Nom de Dieu.

C'est que ta date, ma chère amie.
Son beau message que t'as reçu
Copié-collé y court les rues
Éparpillé comme une lettre
Mal adressée.
Comme une.
Publicité.
Comme une.
Commune.

Pis tout d'un coup elle a les bleus
Lui l'autre bord
Y veut savoir.
Qu'est-ce qu'y veut, Nico. Hein.
Qu'est-ce qu'y veut?

Elle a répond pas.
A fixe drette en avant.
Pis tout c'qu'a se dit.
Nom de Dieu. Jésus. Marie.
Le pichet est encore.
Plein.

mercredi 19 mai 2010

Je suis lâche.

Je suis encore en recherche de job.
Je passe ma vie en recherche de job.
Je cherche une job pendant que je mange, pendant que je fais la vaisselle, le ménage, pendant que je suis au parc, pendant que j'écoute de la musique et pendant que je dors, je rêve que je cherche une job. Le problème, c'est que je peux pas garder une job plus que six mois. C'est physique, c'est viscéral.

Emploi-Québec me donne mal au coeur. Kijiji me donne mal au coeur. Les offres d'emploi du Voir me donnent mal au coeur. Pour moi, ça pis regarder un dépotoir, nulle différence.

La semaine passée, on m'a engagée pour faire de la sollicitation téléphonique. J'ai mis mon beau suit de grande personne, j'ai aiguisé mon crayon, j'ai acheté un beau cahier de notes, j'ai étudié la brochure de l'entreprise pis je suis arrivée quinze minutes d'avance. J'ai souri pis j'ai serré la main à tout le monde. Je vous le jure, j'ai jamais eu autant de bonnes intentions de toute ma vie.

Mais là, la fille a commencé à expliquer les choses qu'y fallait que je fasse. Des choses que tout le monde avait l'air de trouver faciles, ouais, faciles. pis normales. Tout le monde. Je les ai regardés, ces gens-là. Pas plus beaux pis pas plus fins que moi. Y étaient même drôles pis bien habillés pis toutte, pas niaiseux, pas surnaturels non plus.

Moi, j'ai craqué.
49 minutes plus tard, j'étais dehors en train de brailler ma vie.

C'est que je me suis mis à penser à mon beau Dan Gaudreau, parce que j'y pense à chaque minute, depuis qu'il est parti. Je me suis dit, si j'avais à mourir à 34 ans, je voudrais-tu avoir passé l'été icitte? Sur le tapis gris, pas de fenêtre, pas de vie, pis le mal de coeur.

J'ai calculé. Si c'est vrai qu'on va tous mourir en 2012, peut-être que je pourrais vivre au crédit jusque là, sans problème. Tranquille, tsé.

J'ai acheté une grosse cannette de Labatt 50, suis allée au parc Lafontaine, me suis mis nu pieds dans le gazon, avec des belles personnes, pis j'ai recommencé à respirer.

J'en veux pas, de job. Je veux rien savoir. Je suis une artiste, calvaire. Je veux écrire des affaires, chanter des beaux mots, lire, peinturer des murs, me questionner sur le sens de la vie, écouter le vent, les gens et pleurer. Profondément. Je me trouve lâche et tout le monde autour de moi me trouve lâche. Je SUIS lâche. Ce que j'aime ne sert à rien. Je ne sauverai pas le monde, je ne découvrirai pas de nouvelles technologies, je ne battrai jamais de records de productivité.

C'est physique, c'est viscéral. Je peux pas garder une job. Ça me fait maigrir, ça me donne des cernes, pis le mal de vivre. Je suis tellement déçue d'être faite comme ça, mais je suis faite comme ça.

Je veux faire un hommage aux gens autour de moi qui travaillent cinquante heures semaine, qui se donnent donc b'en. Qui sont fatigués pis qui ont des enfants à faire vivre. Qui ont des maisons à payer. Qui continuent même s'ils sont tannés. Qui foncent dans la vie, qui arrachent les murs tellement sont forts pis entêtés. Qui se laissent pas abattre par les difficultés. Je vous admire et je vous envie. Je vous chanterais une messe si je savais comment on fait.
J'espère quand même que vous aimez ce que vous faites.
Comment vous faites?

Moi, pendant ce temps-là, je réfléchis. Elle est où, ma place? Qu'est-ce que je peux faire pour trouver mon équilibre, dans la patente?

En tout cas, si vous avez des jobines temporaires, vous savez à qui parler.
J'suis bonne dans toutte, mais pas longtemps.

dimanche 16 mai 2010

On allume des chandelles parce qu'on sait pas quoi faire d'autre.

Je viens d'allumer une chandelle.
Je l'avais allumée hier itoo.
J'ai prié. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse d'autre, quand ça arrive.
J'ai demandé à Dan : S'il te plaît, si t'es noyé, va-t'en pas trop loin. Au moins, les gens qui t'aiment vont pas t'attendre en vain toute la vie.
Je sais pas si c'était la chose à faire. Peut-être que des fois c'est mieux d'attendre en vain toute la vie.

Pis j'ai attendu. comme tout le monde.
Pis j'ai su.

J'ai pleuré, mais j'ai surtout souri en me souvenant de Dan Gaudreau pis de ses yeux. De son humour, surtout.
Je le connaissais pas beaucoup mais il m'avait marqué, comme ça arrive que les gens sur qui on flash nous marquent. C'était particulièrement QUELQU'UN.

Il est disparu et c'est mon premier contact avec la mort, parce que j'ai été chanceuse, avant.
Là, la seule chose à laquelle je pense, c'est à sa famille et ses amis proches.
Je veux juste me concentrer sur eux. je veux essayer de sourire à leur place.
J'ai bu un verre de vin pis j'ai mangé un grilled cheese. J'ai savouré tout, tout, tout.
Après ça, j'ai regardé des photos de lui sur mon cellulaire.
Ça fait trois heures que ma machine est buggée sur une photo de Dan.
Peut-être qu'il a fait exprès, le torieux.

J'envoie plein d'amour dans les airs à qui en a besoin.
Dan Gaudreau, on t'oubliera pas.

Granby-nostalgie

Dans le pub
Y avait p'us rien que du monde
Habillé comme pour un enterrement
Mais avec des couleurs.
Ça sentait septembre
La sueur des gens
Qui ont trop dansé
Qui se sont trop aimés.
L'air entrait dans moi
Ça me pénétrait, comme
Tu étais dans moi.

Une odeur de serviette trempe
Comme dans ta maison.
Comme dans ton lit mouillé.
Ça sentait le maquillage coulé
Pis toi qui trouve ça beau

J'ai commandé un hamburger
Y était pas bon, comme le goût dans ma gorge.
La terrasse était vide.
Y avait personne pour me manger les joues
Comme un cornet d'crème glacée
Pis pour m'inviter à coucher

J'avais personne à qui dire non
Pis dire oui après.

J'ai regardé la cathédrale
En plein jour, c'était pas pareil
Une vraie mocheté
Ça m'a rappelé la fois
Où t'étais arrivé en retard
Je la regardais, la cathédrale.
Danielle me regardait, moi.
Elle pensait que j'avais l'air abandonnée
Ça paraissait.
Moi, j'avais pensé, en la regardant,
La cathédrale

C'est foutu.
C'est fini.
C'est foutu.
C'est fini.
Répété.
Plusieurs fois

J'ai emprunté cinq piasses
Pour un gros cornet
Sucré.
Pis du chocolat sur le tour.

jeudi 18 février 2010

Leçon d'honnêteté

Y est 20h45.
Je sors de travailler. J'ai eu une paye.
Je veux me gâter.
Déjà là, y'a des trucs que ma tête me dit, comme:
«Tu devrais pas.» «Tu dépenses trop.» «T'es superficielle.»
B'en moi OK, ta gueule, pis j'ai envie de m'acheter une crème à 35$ pour la face. pis c'est pas moi qui va m'arrêter.

J'entre dans la pharmacie.
Je choisis ma crème.
J'en profite pour acheter une couple d'autres cossins.
Je paie.
Je sors.
Je me demande comment ça se fait que ça m'a pas coûté plus cher.
Je regarde ma facture.

Pas de crème. sur la facture. Rien, pantoutte. Nulle trace.

Fuck off, que je me dis. La vie me fait un cadeau parce que je le mérite.

Mais là, y'a ma tête qui recommence, la salope.
«Attention. C'est comme si tu avais volé. Si tu voles, tu seras punie. Si tu craches dans les airs, ça va te retomber sur le nez.» (Merci maman).

Je vire de bord.
Je rentre dans la pharmacie.
La fille est toujours là. cute pis a sourit.

«Excusez-moi mademoiselle, je me sens trop mal, c'est que vous avez oublié de me charger la crème...».

Oh qu'a sourit p'us, la fille. Elle me regarde, elle y croit pas. Elle en revient pas. Elle capote, tellement qu'elle me trouve épaisse.

Je l'ai payé, mon maudit 35$.
Jean-Coutu me remercie.


Écris, calvaire.

Ça fait quatre mois que j'ai créé ce blog, parce que j'avais bu trop de vin et que j'avais été crinquée par des amis. «'T'arrive trop de choses, qu'ils ont dit, faut que tu mettes ça quelque part».

Depuis, j'ai rien écris.

Je voulais écrire.
Mais j'ai rien écris.
Ma tête a dit «tu veux écrire, vas étudier la littérature. Tu vas apprendre comment écrire».

Je suis allée m'asseoir sur une chaise et j'ai appris à faire les plus beaux soleils, fleurs et bonhommes alumettes de ma vie.

On s'entend. Ma tête a pas de tête, des fois.

Et là, hier soir, je marchais dans la rue et j'en revenais pas encore de tout c'qui peut m'arriver, dans une vie. Surtout, j'en revenais pas de la quantité de questions et d'images qui peuvent occuper une tête, dans une vie. De la quantité de rimes qui restent sans suite et sans lecteur et qui moisissent et qu'on finit par oublier. De la quantité de personnages qu'on imagine et qui voient jamais la couleur d'une page.

De la quantité de belles choses, belles musiques, belles faces, belles idées que je découvre chaque jour et dont j'ai envie de parler.

J'ai rien écris sur ce blog depuis novembre parce que j'ai peur.
Alors avant que je vous entende penser, je vous le dis haut et fort: oui, c'est égocentrique de faire ça. Oui, c'est sans intérêt, pour la majorité du monde entier.

Si ça vous intéresse pas, revenez plus jamais, s'il vous plaît.

Moi, au moins, j'aurai apaisé quelque chose dedans moi. J'aurai fait une estampe quelque part, j'existerai, d'un certain sens, et le monde qui m'entoure existera, par mon oeil, par mon coeur, un petit peu, quelque part, en belles lettres. Même si je suis rien d'autre qu'une fille tourmentée qui cherche l'amour et l'épanouissement et qui se sauve à la course quand y s'pointent. La parfaite héroïne d'une saga de chick lit, quoi.

Au moins, j'aurai écris, calvaire. J'aime ça écrire, calvaire.

En attendant, j'ai la chienne que vous me lisiez, alors je vais tenir ça mort.
Peut-être que demain, j'aurai bu trop de vin et je déciderai de publier ce lien quelque part. Et là, je pourrai plus reculer.

samedi 21 novembre 2009

La cenne de chance

Tantôt
ton sous noir
est sorti
tout seul
d'mon soulier
J'ai décidé
d'pas l'ramasser
Y traîne encore
Que'que part
sur le plancher
d'la piscine
St-Denis

J'l'avais gardé
quand t'es parti
Une cenne de chance
qu'tu m'avais dit

C'est juste 't'à l'heure
que j'ai compris
Qu'c'était l'épine
dessous
mon pied.