Je n'ai pas de tête. Je suis omnipolaire. Je marche dans les rues en chantant mal et en faisant des punch de drum avec mes mains et en buvant du vin dans un sac en papier brun. Je bois aussi des cafés-filtre au Dégueulton, des fois j'y travaille et tout le temps j'y écoute aux tables. Je sors danser dans les bars country. Je suis pas super en Charleston. Je cherche une liberté douce. Je fragmente les histoires des gens que je rencontre au cours de mes soirées qui n'ont ni tête ni rien non plus.

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samedi 13 novembre 2010

Jules plein de vie.


Je suis sure que Jules a la vie qui kick in à diverses reprises.
Qui kick in dans sa salopette dans sa casquette en peau de bedaine dans ses bouclettes.

Jules plein de vie.

Il gonfle probablement des ballounes pour ses cousines. Il leur achète des gommes au savon. Il leur crêpe la couette.
Ses cousines lui donnent des becs et veulent faire voler leur cerf-volant pour Jules. Bravo petit nénuphar. Ils boivent ensemble du Crème Soda à la paille et quand c’est drôle, ça leur sort par le nez. Ses cousines l’aiment trop pour des cousines, c’est tordu.

Jules a un petit nombril rond mais ne l’astique pas beaucoup, quoiqu’il puisse en avoir l’air. Il aime tenir les mains des filles qui ont peur. Jules est un gentleman.

Il a une bouche avec des gouttes douces qui perlent au bout, qui ne coulent pas comme sur le dos d’un canard.
Jules rentre dedans les plumes et dedans la peau c’est certain.
Jules rentre dedans à mort.

-       Tu fumes? 
-       Je fumaille.

Ou plus tard.

-       Tu aimes?
-       J’aimaille.

J’ai juste peur que Jules ne soit qu'en aille.

lundi 8 novembre 2010

Surtout, te limoner ta peau de flétan.




Tu te mesures en kilojoules sur une pesée à truite mouchetée.
Tu t'y accroches par la bouche et t'attends le verdict, avec tes yeux de poisson volant.
Es-tu assez slick pour qu’on t’empaille? Es-tu assez slim pour qu’on t’arbore?
Tu te mesures en kilojoules en riz basmati en carrés de beurre sans sel en poêle chauffée sans beurre en steak haché végétarien.
L'épicerie est un jeu fastoche, suffit de savoir ce que tout vaut par cœur pour gagner.

Tu te mesures en ruban de couturier.
Avez-vous un t-shirt plus petit.
Avez-vous un jeans plus serré.
Tu te donnes des swings pour monter l'escalier. Par chance qu'y faut pas que t'ailles sauver la princesse-poissonne, tu serais obligé de te déshabiller avant, de te peler, de te décoller les nageoires de pieds, ça prendrait trop de temps, tirer le tout sur tes petites jambes de nageur olympique. Rester hydrodynamique.

Surtout, te limoner ta peau de flétan.

Tu te mesures au photomaton. Ton angle le meilleur est celui de gauche. Une bouche rouge, comme un flotteur.

Tu te mesures en douceur épidermique. En outils d'esthéticienne. En poils de torse. En millimètres de mâchoire croche. En longueur de tignasse. En longueur de pénis. En longueurs de piscine. Tu ferais une belle tête sur mon mur de pêcheresse.

Tu es parfait.

Tu calcules tu comptes et rien ne compte, tes yeux sont blancs de poisson. Ils regardent par l'intérieur, c'est pour ça.
Je mange du caviar en t’attendant.

Je calcule je compte les cailloux que tu laisses. 1 – 2 – 3. Ça t’allège. Rester hydrodynamique.
Bientôt t'en auras plus avoue.
J’espère que tes roches brilleront bien dans le noir des remous.

jeudi 4 novembre 2010

Avec le break à bras pour nous séparer les cuisses.

Tu as comme des branches libres au bout de tes bras, qui me touchent le dos pendant que tu fais à semblant de danser. Tu pues la bière et je crois que je lècherais tes aisselles même si elles sentaient, surtout si elles sentaient. Tu pues la bière de l’intérieur de ta bouche et je boirais un verre de ta sueur, à peu près de la grosseur d’un pot de beurre de pin.

Tu touches à mes bouts de seins vite fait avec tes branches et tu me ris dans la face. Tu regardes si ça me fait quelque chose, je fais tout pour que ça ne fasse rien au niveau de ma couleur visagiale. T’es plus beau que Jérémie, ça me fait chier d’être avec Jérémie quand je suis avec toi et que lui est pas là. Quand toi t’es pas là, c’est pas si pire, je peux pas comparer ton nez plus petit et le sien plus gros avec un poil qu’il faut souvent couper. Tes paupières sont plissées de soleil et tu fais des blagues avec.

Je ferme mes quenoeils et je t’imagine en train de dégueuler comme pour casser le charme à terre.

Je m’assois sur le plancher, loin de tes branches, et je me berce tranquillement en écoutant la musique. Toi tu te mets devant moi par exprès pour que je te voie en bas de ta ceinture qui est au dernier trou, je le sais parce que j’ai regardé AH. Tu devrais manger plus de hamburger steak et de frites au lieu de torcher des planchers de sous-sols. T’es pâle et ta pomme d’Adam paraît beaucoup. Fais-tu beaucoup l’amour ces temps-ci et est-ce qu’elles aiment ça?


Maintenant, emmène-moi chez Jérémie parce que j’ai trop envie de toucher à ta ceinture avec mes maudits doigts-roseaux s’il-vous-plaît vil-sous-plaît j’ai les idées pas claires claires. Reconduis-moi dans ton camion voul-pi-slaît vous habitez dans le même quartier de toute façon pour faire exprès. Embarque-moi dans ton raccompagnement sur roues 4 X 4 avec le break à bras pour nous séparer les cuisses.

J’ouvre la fenêtre de ton truck.
Tu me regardes et tu me ris encore dans la face avec tes blagues de yeux. Regarde donc la route maudit con.

- C’est drôle, me suis trimé avant de sortir.
- Ah ouais, montre.
- Ben non, j’ai pas d’érection.
- Ah. C’est vrai ah. Anyways c’tait une joke.
- …
- …
- Là j’en ai une, veux-tu encore?
- N'oui.
- Touche-moi.
- Oké.

Et je t’ai touché, pendant trois secondes, juste le temps de dire roche-papier-ciseau mais pas le temps de dire allumette. Pas le temps de prendre un respire au fond du ventre chaud. Juste le temps de te faire une blague d’œil itoo. L’as-tu vue? Ça voulait dire "j’ai pas de petite culotte" pis "on se reprendra dans dix ans quand tu m'aimeras et que les Jérémie seront crapoutis". Je suis sortie de ton raccompagnement-raisonnable bye bye merci et j’ai senti l'odeur sur ma main avec mon nez, ensuite j’ai mis ma mitaine par-dessus pour la protéger. M’as-tu vue?

Ensuite je suis rentrée. Ensuite je suis embarquée sur Jérémie, qui m'a ramassée sur le pouce jusqu'au respire du ventre chaud. Il a beaucoup aimé sa soirée je pense.