Je n'ai pas de tête. Je suis omnipolaire. Je marche dans les rues en chantant mal et en faisant des punch de drum avec mes mains et en buvant du vin dans un sac en papier brun. Je bois aussi des cafés-filtre au Dégueulton, des fois j'y travaille et tout le temps j'y écoute aux tables. Je sors danser dans les bars country. Je suis pas super en Charleston. Je cherche une liberté douce. Je fragmente les histoires des gens que je rencontre au cours de mes soirées qui n'ont ni tête ni rien non plus.

mardi 20 décembre 2011

Une petite tasse en porcelaine anglaise blanche.

J'ai reçu le plus beau cadeau de Noël au monde c'est une petite tasse en porcelaine anglaise blanche avec des roses peintes dessus, qui ressemble un peu à ça


mais en beaucoup plus belle et plus épurée, la porcelaine est mince et douce et avec la soucoupe qui va en-dessous quand tu déposes la tasse ça fait un bruit vraiment délicieux. Mon amie m'a expliqué qu'elle me donnait ça parce qu'elle m'imaginait toujours avec une tasse de café ou de thé dans les mains et c'est vrai, et elle m'a dit que comme ça, parce que la tasse est mince et toute délicate, j'aurais un contact vraiment particulier avec mon café ou mon thé à chaque jour, et que ce serait mon moment précieux juste à moi toute seule.

Je l'ai essayée ce matin et je le jure que ça fait une différence.

samedi 17 décembre 2011

Un collage de notre face sur fond des vieux jours.

On est retournées là où on a étudié, à notre Cégep, loin dans une ville d'ouvriers avec un ghetto de musiciens hippies qui étaient "nous" à ce moment-là mais qui est devenu "eux" maintenant, ceux-là qu'on connaît pas, ceux-là qui vivent dans notre odeur qui reste avec nos murs qu'on a peinturés soleil-pomme-cerise, ceux-là qui marchent sur nos tapis où on a fait l'amour, nos tapis avec des bouts brûlés par les cigarettes, les tapis qui ont bu la bière et les grosses larmes de nos 18 ans. On a voulu voir par les fenêtres mais les rideaux étaient fermés, et on était même plus sûres de c'était où exactement de toute façon, alors on est allées les voir jouer, ceux-là, jouer les instruments qu'ils connaissent un peu, qu'ils vont mieux connaître plus tard, on les regardait, on se voyait nous, on voulait faire nos fraîches leur dire ah si tu savais comme c'est comme-ci comme-ça, on voulait les prendre et leur dire les secrets qu'on apprend après l'école, mais c'est pas le temps, c'est trop vite, et ils étaient beaux, juste comme ça.


Surtout on est retournées là, là où on se saoulait, où on dansait, là où on tombait à terre pétés raide et fous de désir et de nos gros coeurs pleins de tendresse de nouveaux-nés du grand monde, le St-Georges, qui est et qui restera. Tout était clair, tout était moins flou dans les chandelles et en dehors des fenêtres embuées, le cimetière que j'avais oublié. On s'est assises, on a bu, comme avant, j'ai pris plein de photos, c'était comme un collage de nos faces sur fond des vieux jours. Pis tout s'est mis à tourner, les visages connus les inconnus, Gary était encore en amour avec Sarah, il disait Sarah I love you I love everything you do, il lui pognait les fesses et on le chicanait, et Sissi et Kroukrou sonnaient encore les cloches des tournées générales.

Ça doit être fou pour eux, la vie de voir tout le monde passer sans fin.

À trois heures on est rentrées chez nous, le nouveau chez nous, on a vu une étoile filante, c'est pas la saison, après j'ai dormi dans l'auto. En passant le pont je me suis réveillée et là on a dit en même temps: home sweet home. On a fait un voeu. C'est ça.